Je sens que la sève me quitte, que je perds mes forces et même si je m'accroche, ma vie ne tient qu'à un fil. Ma tige se détache lentement de cet arbre qui m'a pourtant donné la vie. J'ai vu le jour un beau matin de printemps après un hiver de gestation, j'ai poussé mon premier souffle chlorophyllien au printemps et passé tout l'été à croitre et me développer. Transformant le dioxyde de carbone en oxygène, j'ai permis à la vie de se développer. Me laissant caresser par les rayons du soleil, je suis passé du vert tendre au vert pomme.
Aujourd'hui ma couleur oscille plutôt entre le rouge et le marron et je me sens détachée de cette vie, de cet arbre qui m'a nourrit. Je vais, aidée par le vent, me détacher et m'envoler, planer au dessus des têtes de tous ces gens qui courent et me poser délicatement au sol. Le vent me poussera, je finirais peut être dans un caniveau où un enfant me prendra pour bateau et fera la course avec moi au fil de l'eau.
Ici, là ou ma tige tient encore, je sens la nouvelle génération qui pousse... ainsi va la vie...